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Mission et histoire

L’Institut d’études avancées de Paris est un centre de recherches dans le domaine des sciences humaines et sociales et des disciplines proches, qui offre à des universitaires et scientifiques mondialement reconnus la possibilité de passer un séjour de recherche de cinq à neuf mois à Paris.

L’IEA a été créé en 2008 sous les auspices de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH), l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) et l’École normale supérieure (ENS). En 2011, il est devenu une institution indépendante et autonome, soutenue par treize des principales universités et institutions de recherche de la région parisienne, ainsi que par la Ville de Paris, la FMSH et le Conseil régional d’Île-de-France. Il bénéficie en outre d’un financement du Ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur accordé dans le cadre du programme « Investissements d’avenir » et actuellement géré par le réseau rassemblant quatre Instituts d’études avancées de France, le RFIEA.

Princeton : une source d’inspiration
L’Institut d’études avancées de Princeton, établi dans les années 1930, a constitué une source d’inspiration pour les nombreux instituts semblables qui ont depuis été créés à travers le monde. Ces instituts sont de taille et de type différents : certains sont rattachés à une université tandis que d’autres sont indépendants et sans lien avec le système universitaire de leur pays ; certains sont privés, d’autres publics ; certains ont des règlements stricts concernant la participation de leurs chercheurs résidents à la vie sociale de l’institution, alors que d’autres leur accordent la plus grande liberté pour mener à bien leur projet de recherche.
Dans tous les cas, l’objectif est de permettre les progrès de la connaissance en favorisant les échanges, à travers les frontières disciplinaires, entre des chercheurs de nationalités et de cultures différentes.

Le partenariat de l’IEA avec les universités et établissements académiques de l’Ile de France
Ce qui caractérise l’IEA de Paris et le distingue des instituts situés sur un campus universitaire ou dans une zone à l’écart de la ville, c’est son ancrage au cœur même de la capitale française, entouré d’une vie scientifique et culturelle très riche à laquelle les résidents sont invités à participer.
Tout en respectant le besoin de nos résidents de se concentrer sur leur projet et en leur fournissant tous les services et l’assistance nécessaires pour les libérer des obligations pratiques et administratives, notre objectif est de susciter de fructueuses interactions au sein de l’IEA et avec les collègues chercheurs français, en particulier ceux des institutions membres de l’Institut.

Qui sont les résidents de l’IEA?
La procédure de recrutement des résidents de l’Institut est très sélective. Suite à un appel à candidature annuel, largement diffusé dans le monde académique international, les dossiers sont évalués par au moins deux rapporteurs externes, spécialistes du domaine du candidat. Le Conseil scientifique de l’IEA, constitué de chercheurs indépendants internationalement reconnus, procède ensuite à la sélection, qui est finalement validée par la direction de l’Institut.
Chaque année sont accueillis en moyenne vingt chercheurs, dont un tiers de chercheurs juniors. Leurs disciplines se caractérisent par une grande diversité : archéologie, économie, psychologie, philosophie, histoire, littérature, philologie, linguistique, théorie de l’art, architecture, sociologie, ou encore histoire des sciences.
Voir la liste des chercheurs résidents

Les activités scientifiques : séminaires et conférences
Les événements organisés par l’IEA, en conformité avec sa politique scientifique, sont majoritairement interdisciplinaires et se situent au carrefour d’approches habituellement distinctes. Outre le séminaire interne hebdomadaire dans lequel chaque résident a l’occasion de présenter son projet de recherche, l’IEA permet à ses chercheurs d’organiser en ses lieux des colloques et des journées d’étude. Il organise en outre des rencontres scientifiques en collaboration avec ses partenaires.
Voir les manifestations à venir

Des passerelles entre les sciences de l’homme et les sciences naturelles
Les frontières des sciences humaines et sociales sont en redéfinition continue. Charles Percy Snow, chimiste, haut fonctionnaire et romancier britannique, donna en 1959 une conférence devenue célèbre depuis, sur les « deux cultures », c’est-à-dire sur le clivage entre les humanités et les sciences exactes.  Des efforts considérables ont été faits dans les cinquante dernières années pour amoindrir cette séparation. C. P. Snow lança lui-même en 1963 le concept d’une « troisième culture » qui pourrait constituer une plateforme de dialogue entre les sciences humaines et les sciences dites dures ; les concepts de trans-, inter- et multidisciplinarité ont également dominé les discours académiques avec persévérance durant les vingt dernières années. On pourrait donc croire que la notion des « deux cultures » était dépassée aujourd’hui. Or, la communication entre sciences humaines et sciences naturelles n’est pas pour autant assurée : trop souvent les recherches des deux côtés ignorent les réflexions et résultats obtenus dans d’autres domaines que les leurs, aboutissant à des pertes de savoirs et de connaissances déplorables.
Le développement exponentiel des données scientifiques sur le corps et le cerveau humain nous apprennent toujours davantage sur le fonctionnement de l’être humain dans son environnement. Il devient difficile de continuer à penser l’Homme, l’esprit et la conscience au sein des sciences humaines et sociales en ignorant les données neuroanatomiques et neurofonctionnelles issues des recherches dans les sciences de la vie et les neurosciences en particulier. De la même façon, les neurosciences ne peuvent pas prétendre à comprendre l’Homme, sans inclure les savoirs acquis par les humanités. Si « science sans conscience » signifie appauvrissement des connaissances, on pourrait aussi dire que l’étude de l’esprit et de la conscience sans la prise en compte du cerveau et du corps humain l’est tout autant. Dans cette perspective, l’IEA soutient la création de passerelles interdisciplinaires et favorise l’échange et la confrontation intellectuelle entre chercheurs en sciences humaines et naturelles.

L’IEA à l’Hôtel de Lauzun
Depuis novembre 2013, l’IEA est installé à l’hôtel de Lauzun, un hôtel particulier du XVIIe siècle que la ville de Paris a mis à sa disposition. La décision de la Ville d’aménager ce bâtiment pour en faire le siège d’un institut de recherche en sciences humaines et sociales constitue un acte de politique culturelle courageux. C’est un signe fort de la valorisation de la culture et du savoir et un choix qui a privilégié l’ouverture de la recherche en Île de- France vers le monde académique international. Notre souhait est que l’IEA devienne un lieu scientifique et culturel incontournable qui contribuera au rayonnement des institutions de recherche de la métropole parisienne.

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