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Warren Sack

Professeur
Université de Californie, Santa Cruz
Décoder la démocratie numérique
01 septembre 2016 -
31 décembre 2016
Humanités numériques
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Warren Sack est un théoricien des médias, un concepteur de logiciels et un artiste dont l’oeuvre explore les théories et les conceptions de l’espace public en ligne et du débat public. Il est professeur de Film & médias numériques à l’Université de Californie, Santa Cruz, où il enseigne les arts et les études numériques. Auparavant, il a été professeur invité en France à Sciences Po, à la FMSH et à Télécom ParisTech. Sa création artistique a été exposée au SFMOMA (San Francisco), au Whitney Museum of American Art (New York), au Walker Art Center (Minneapolis), et au ZKM (Karlsruhe, Allemagne).

Sujets de recherche

Théorie des médias ; histoire et philosophie des sciences et technologies ; études des sciences et technologies ; théorie politique ; études logicielles ; conception de logiciel ; études numériques.

Décoder la démocratie numérique

Aujourd’hui, des programmes informatiques dotés d’une intelligence très limitée jouent de nombreux rôles dans notre quotidien : des personnages non-joueurs (PNJ) dans les jeux vidéos, des interfaces vocales pour téléphone (ex : système Siri sur Apple) et des programmes informatiques qui ont automatisé toute une série de métiers comme celui d’agent de voyage (sites Internet de voyage), de guichetier de banque (distributeurs automatiques), de bibliothécaire (moteurs de recherche), de fonctionnaires électoraux (dispositifs de vote électronique) et de fonctionnaires du gouvernement. En effet, les systèmes automatisés sont devenus les décideurs principaux du système juridique américain en excluant la prise de décision humaine de la procédure de résiliation des prestations sociales individuelles, en ciblant les personnes à exclure du transport aérien, en identifiant les parents sensés toucher des allocations pour enfant à charge et instruisant les organismes publics de lancer des mesures de recouvrement contre lesdits parents, en purgeant les électeurs des listes électorales et en jugeant les petites entreprises non-éligibles pour des contrats fédéraux. Dans le langage de la conception logicielle, ces systèmes automatisés sont connus sous le nom d’« agents » ou « robots ». La vie quotidienne, qui exige de nombreuses interactions avec les agents, se déroule dans le cadre de ce que j’appelle la « condition informatique ». Je propose un projet afin d’examiner les théories utilisées dans la conception des agents logiciels et d’explorer pourquoi ils constituent de sérieux défis pour la démocratie dans la condition informatique. Quelles sont les théories de la conception logicielle contemporaine qui la rendent si toxique envers les atmosphères démocratiques ? Comment pouvons-nous éviter un avenir où la démocratie, régime des humains, deviendrait le règne des machines ?


Publications majeures

“Peer to PCAST: What does open video have to do with open government?” (with Mark Deckert and Abram Stern), in Information Polity, vol. 16, 2011.

“Searching the Net for Differences of Opinion” (with John Kelly and Michael Dale), in Todd Davies, Seeta Peña Gangadharan (éd.), Online Deliberation: Design, Research, and Practice, University of Chicago Press, 2009.

“Agonistics: A Language Game”, in Bruno Latour, Peter Weibel (éd.), Making Things Public: Atmospheres of Democracy, MIT Press, 2005.

“Discourse Architecture and Very Large-Scale Conversations”, in Robert Latham, Saskia Sassen (éd.), Digital Formations: IT and New Architectures in the Global Realm, Princeton University Press, 2005.

Table ronde organisée par Gretty Mirdal, directrice de l'IEA de Paris
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2016-2017
Époque contemporaine (1789-...)
Monde ou sans région