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Rupture anthropologique et éthique

11 mai 2026 18:00 - 20:00
Institut d'études avancées de Paris
Salles des Gardes - 1er étage
Hôtel de Lauzun
17 quai d'Anjou
75004 Paris
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Présentation de la séance

Cette troisième séance du cycle « Rupture. Vivons-nous une époque de ruptures, et lesquelles ? » traitera de la rupture dans la sphère éthique et bioéthique, du choc des convictions intimes qu’elle provoque, et de l’instrumentalisation possible de la rupture au nom d’un humanisme reconstruit. 

Animée et organisée à l'initiative de Bettina Laville, présidente de l’IEA de Paris et conseillère d’Etat honoraire, cette séance sera avec la participation de François Hartog, historien, directeur d'études à l'EHESS où il enseigne l'historiographie ancienne et moderne, auteur de nombreux ouvrages, dont A la rencontre de Chronos (CNRS, coll. « Les grandes voix de la recherche », 2022) et, le dernier Départager l'humanité : Humains, humanismes, inhumains (Gallimard, 2024), ainsi que de Gabrielle Halpern, philosophe, docteure en philosophie, diplômée de l'École Normale Supérieure, auteure et co-auteure de plusieurs ouvrages dont La fable du centaure (HumenSciences, 2022) et Intelligence artificielle : et l'homme créa Dieu (Hermann, 2026).

Présentation des intervenants 

François Hartog
Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), François Hartog enseigne l’historiographie ancienne et moderne. Il a succédé à Jean-Pierre Vernant à la direction du Centre Louis Gernet de recherches comparées sur les sociétés anciennes et est membre du Centre de recherches historiques. Il a été président par intérim de l’EHESS en 2012. 

Il a largement contribué à la formation et à la diffusion du concept de « régime d’historicité » (cf. son livre éponyme) qu’il définit comme un « mode d’articulation des trois catégories du passé, du présent et du futur ». Ses recherches mettent en lumière l’épuisement contemporain du « régime moderne d’historicité », porté par une prévalence de l’avenir et une croyance en l’histoire, au profit de ce qu’il propose d’appeler le « présentisme » : un rapport au temps dans lequel le présent devient la catégorie dominante, et qui privilégie la mémoire (traces laissées dans le présent par des passés successifs) à l’histoire (reconstruction et mise à distance de ces passés).

François Hartog a publié nombre d’ouvrages majeurs : sur Homère (Mémoire d’Ulysse. Récits sur la frontière en Grèce ancienne, 1996) ; Plutarque (dont il a dirigé et préfacé l’édition des Vies parallèles, 2001) ; Fustel de Coulanges (Le xixe Siècle et l’Histoire. Le cas Fustel de Coulanges, 1988, 2001) ; Renan (La Nation, la religion, l’avenir. Sur les traces d’Ernest Renan, 2017). On lui doit aussi des réflexions sur l’histoire et le temps : Anciens, modernes, sauvages (2005), Évidence de l’histoire, (2005), Croire en l’histoire (2013), Chronos. L’Occident aux prises avec le temps (2020), Confrontations avec l’histoire (2021). A la rencontre de Chronos (2022) et, le dernier Départager l'humanité : Humains, humanismes, inhumains (Gallimard, 2024).

Gabrielle Halpern
Docteure en philosophie, diplômée de l’École Normale Supérieure, Gabrielle Halpern a travaillé au sein des cabinets du Ministre de l’Économie et des Finances, de la Secrétaire d’État au Commerce, à l'Artisanat, à la Consommation et à l'Economie Sociale et Solidaire, du Secrétaire d’État à la Recherche et à l’Enseignement Supérieur et du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, en tant que « Conseillère Prospective et Discours », avant de co-diriger un incubateur de startups et de conseiller des entreprises et des institutions publiques. Elle s'est spécialisée en sciences-cognitives et possède par ailleurs une formation en théologie. Elle est experte-associée à la Fondation Jean Jaurès et dirige la collection « Hybridations » qu’elle a créée aux Editions de l’Aube. 

Ses travaux de recherche portent depuis près de dix-sept ans sur la notion de l’hybridation, comme art de créer des ponts entre les mondes. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Tous centaures ! Éloge de l’hybridation (Le Pommier, 2020), Créer des ponts entre les mondes (Fayard, 2024) et Intelligence artificielle : et l’Homme créa Dieu (Hermann, 2026).

En 2021, elle a fait la couverture de L’Opinion au titre des « intellectuels influenceurs » et elle a été distinguée trois ans plus tard par le magazine Elle et le journal La Tribune comme l’une des « trente femmes qui transforment l’économie et la société ». Gabrielle Halpern, parallèlement à ses travaux de recherche, fait des conférences en France et dans le monde entier et accompagne des entreprises et des institutions publiques.

Présentation du cycle

On entend de manière récurrente que « nous vivons une époque de rupture(s) » ou que « nous vivons une époque de transition », expressions qui tendent à remplacer ce qui prévalait encore il y a deux ou trois ans. Or ces deux mouvements sont simultanément visibles : ils se complètent et parfois s’entrechoquent.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, sur le perron de Matignon, avait déclaré le 10 septembre dernier : « Il va falloir des ruptures, et pas que sur la forme, et pas que dans la méthode. Des ruptures aussi sur le fond. » De son côté, le Premier ministre canadien Mark Carney, lors du Forum de Davos, commence son intervention par : « Nous sommes au cœur d'une rupture, pas d'une transition. ».

On voit ainsi que le concept de rupture, perçu par les peuples et les dirigeants comme espoir, menace ou vertige, irrigue profondément la réflexion sur notre époque. Christian Salmon, écrivain et chercheur, le qualifie même de « vraie rupture anthropologique ». En effet, l’inversion des valeurs et le travestissement de la réalité étendent cette rupture anthropologique à de nombreux domaines de nos vies, tant publiques que privées.

Organisé par Bettina Laville, présidente de l’IEA de Paris et Conseillère d’État honoraire, ce cycle de rencontres de quatre séances consacrées à l’analyse des transformations contemporaines. Il explore les notions de rupture et de transition, perçues à la fois comme des espoirs, des menaces ou des vertiges, et leur impact sur les valeurs, la société et la vie quotidienne. Les discussions s’appuieront sur des perspectives intellectuelles, politiques et anthropologiques pour comprendre les dynamiques profondes qui façonnent notre époque.

Modalités pratiques

L'événement sera uniquement en présentiel à l'Institut d'études avancées de Paris (IEA de Paris, Salles des Gardes - 1er étage, Hôtel de Lauzun 17 quai d'Anjou, 75004 Paris)
Entrée sur inscription obligatoire (formulaire d'inscription dédié ci-dessous).
Pour plus d'informations, contactez information@paris-iea.fr

Date dépassée
11 Mai 2026 20:00
Oui
36040
Conférences, interventions et entretiens
Paris