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Joachim J. Savelsberg

Professeur
Université du Minnesota
Reconnaissance, dénégation et mémoire collective des crimes contre l’humanité : perspectives comparées
01 février 2019 -
30 juin 2019
Sociologie
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Joachim J. Savelsberg est professeur de sociologie du droit et titulaire de la chaire Arsham and Charlotte Ohanessian à l’université du Minnesota. Il a été professeur et chercheur invité au sein de plusieurs universités et instituts, notamment Harvard, Humboldt (Berlin), Johns Hopkins, Karl Franzens (Graz), Ludwig-Maximilian (Munich), le Käte Hamburger Center for Advanced Study (Bonn) et le Rockefeller Bellagio Center. Ses recherches ont été financées par la National Science Foundation et la Volkswagen Foundation. Il a publié entre autres Representing Mass Violence: Conflicting Responses to Human Rights Violations in Darfur (University of California Press, 2015) et American Memories: Atrocities and the Law (avec R.D. King ; Russell Sage Foundation, 2011).

Sujets de recherche

Sociologie du droit et des peines ; criminologie ; violation des droits humains et réponses liées ; sociologie de la connaissance ; mémoire collective et représentations, en particulier de la violence de masse et son traitement par les institutions judiciaires ; sociologie comparative et mondialisation

Reconnaissance, dénégation et mémoire collective des crimes contre l’humanité : perspectives comparées

Mon intention est d’écrire un livre sur la sociologie de la connaissance du génocide. Ce projet s’inscrit dans une époque où la constitution d’institutions en réponse aux atrocités de masse se heurte au déni. Ce déni est parfois une parade stratégiquement planifiée à toute tentative de reconnaissance et porté par une réticence à intervenir pénalement. Mon projet explore ainsi l’affrontement entre reconnaissance et négation, et leurs effets sur la façon dont les sociétés et leurs groupes constitutifs perçoivent des génocides, dont elles les catégorisent, se les représentent collectivement et s’en souviennent. Il porte sur les interactions sociales, les groupes porteurs, les symboles et les rituels, les relations de pouvoir, les champs sociaux et les contextes institutionnels dans lesquels ces combats se jouent. Étudiant ces thèmes dans le cadre du génocide arménien, j’ai collecté et analysé des textes de loi, des documents législatifs, des dossiers de presse, des données d’archives, des documentaires et des enregistrements d’entretiens. Je consacrerai une attention toute particulière à la législation française relative à la mémoire du génocide arménien et aux décisions de justice connexes rendues en Suisse et aux États-Unis. Je compte explorer différentes possibilités d’analyse comparative en établissant des collaborations par-delà les frontières nationales et continentales, et par-delà les cloisonnements entre disciplines, en mêlant anthropologie, sciences humaines et arts (sur les questions de représentation, d’interprétation et de mémoire), histoire (le façonnement des récits historiques), science politique (les processus politiques) et droit (textes de loi et contextes).

18037
2018-2019
Époque contemporaine (1789-...)
Monde ou sans région