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Sylvaine Guyot

Professeure
Université Harvard
Les Scénographies de l’éblouissement. Théâtralités et adhésion au XVIIe siècle
01 novembre 2018 -
31 juillet 2019
Musique, musicologie et arts de la scène
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Sylvaine Guyot est professeur de littératures et langues romanes à l’université Harvard, où elle a dirigé en 2017-18 le programme de « Théâtre, danse et médias ». Ancienne élève de l’École normale supérieure, agrégée de lettres classiques, elle est titulaire d’un doctorat en littérature française et arts du spectacle de l’université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle. Ses recherches portent sur le théâtre de l’époque moderne, et plus particulièrement sur l’histoire du corps et des émotions visuelles, sur les liens entre peinture et scène théâtrale, et sur la relation entre esthétique, politique et institutions culturelles. Elle a, entre autres, publié Racine et le corps tragique (2014) et coédité le théâtre complet de Racine (Garnier). Se situant au carrefour de la critique universitaire, des humanités numériques et de la création artistique, elle est codirectrice du projet des Registres de la Comédie-Française (RCF) et directrice de la compagnie de théâtre La Troupe à Harvard.

Sujets de recherche

Littérature et culture visuelle françaises au XVIIe siècle ; histoire du corps et des émotions ; la tragédie et le tragique ; histoire/théorie/politique de la théâtralité ; intersections entre recherche et création artistique ; mise en scène du répertoire ; arts et humanités numériques

Les Scénographies de l’éblouissement. Théâtralités et adhésion au XVIIe siècle

Mon projet entend tracer les contours d’une anthropologie historique des émotions visuelles, en étudiant la façon dont différents régimes de théâtralité cohabitent, parfois en opposition, mais pas toujours, dans la France de la première modernité.
Il est communément admis que la capacité à éblouir – c’est-à-dire à plonger le public dans une admiration immédiate et unanime – constitue le trait caractéristique des arts dans la France « classique ». Or, aucun dictionnaire du XVIIe siècle ne fait mention de ce sens mélioratif du verbe « éblouir ». Je m’intéresse à cet éblouissement qui ne trouve pas encore de définition dans les dictionnaires du XVIIe siècle, mais qui occupe pourtant une place cruciale dans les discours et les représentations de l’époque. Partant de trois lieux emblématiques – le château, le théâtre et le tableau –, j’analyse la tension entre éblouissement et séduction telle qu’elle est réfléchie (c’est-à-dire à la fois activée, représentée et pensée) dans les pratiques suivantes : les feux d’artifice de l’Ancien Régime, les pièces à machines des années 1660, la figuration de la lumière en peinture de Claude Lorrain aux coloristes, et les ekphraseis qui, dans la correspondance de la princesse Palatine, portent la trace d’une manière de voir singulière.
En examinant la tension entre les différents modèles d’adhésion qui coexistent dans la culture visuelle de l’époque moderne, Les Scénographies de l’éblouissement met en lumière le paradoxe de l’absolutisme : au moment où l’idéologie du pouvoir valorise et exploite la puissance consensuelle du spectaculaire, la théâtralité se révèle être une pratique « interstitielle », ouvrant un espace de résistance au régime officiel de représentation.

Communication de S. Guyot, résidente 2018-2019 de l'IEA de Paris
16 Nov 2018 19:00 -
16 Nov 2018 21:00,
Paris :
Passions de l'âme, passions du corps à l'âge classique

18021
2018-2019
Époque moderne (1492-1789)
Europe occidentale