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Jasper Heinzen

Maître de conférences
University of York
La quête d'une guerre civilisée : prisonniers de guerre et le concept d'honneur militaire en Europe occidentale, 1750-1918
01 septembre 2017 -
30 juin 2018
Histoire
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Jasper Heinzen est maître de conférences en histoire de l'Europe moderne à l'Université de York. Il est titulaire d'un doctorat de l'Université de Cambridge et a obtenu une bourse Marie Curie à l'Université de Bern. Ses recherches, pour lesquels il a reçu le Alexander Prize de la Royal Historical Society et le Preis für niedersächsische Landesgeschichte, embrasse une grande variété de thèmes relatifs à l'histoire culturelle du nationalisme, aux relations internationales et à la guerre au XIXe siècle en Europe. Son premier ouvrage, Making Prussians, Raising Germans, est paru chez Cambridge University Press (2017). Actuellement, il étudie l'importance de l'honneur en tant que moyen de communication transnational entre les prisonniers de guerre au cours du long XIXe siècle (1789-1918).

Sujets de recherche

Construction de l'État moderne (avec un accent particulier sur l'Allemagne) ; études sur la mémoire et la mémoire collective des guerres napoléoniennes en Europe ; approches historico-culturelles de la manière dont la notion de "guerre civilisée" a évolué entre la Révolution française et la Première Guerre mondiale.

La quête d'une guerre civilisée : prisonniers de guerre et le concept d'honneur militaire en Europe occidentale, 1750-1918

L’émergence et le déclin de l'honneur militaire est un sujet d'actualité. Bien que l'expression droits de l'homme soit aujourd'hui plus souvent utilisée que le terme honneur dans les discours publics portant sur l'exercice limité de la violence dans les guerres, les questions des normes comportementales restent au centre de ce qui, de manière explicite ou implicite, unit les coalitions internationales contre ceux qui sont considérés comme des États « voyous » ou des « terroristes ». Ces normes reposent sur l'idée largement répandue selon laquelle, au cours du XVIIIe siècle, siècle de la raison, les soldats agissaient avec retenue les uns envers les autres. Ce consensus « éclairé » se serait peu à peu dissipé avec l'avènement de la guerre totale, entre 1789 et 1945, et les armées modernes seraient en passe de renouer avec les idéaux cosmopolites, bien qu'eurocentriques, de leurs prédécesseurs.

Le projet remet en cause cette perspective téléologique. Il démontre qu'un examen approfondi de l'évolution de l'honneur militaire en Europe occidentale amène à relativiser l'importance des coupures brutales, et à recentrer l'attention sur les continuités historiques et les progrès organiques concernant le traitement des ennemis. La versatilité du concept d'honneur constitue un outil heuristique utile pour enquêter sur ce problème. La plupart des spécialistes s'accordent sur le fait qu'il existe deux manifestations plus ou moins compatibles de l'honneur : d'un côté, il reflète la manière dont les valeurs éthiques et culturelles de la société sont intégrées de façon individuelle, et de l'autre, il dépend de la perception dans quelle mesure des individus, voire des États, se conforment aux normes sociales et morales de leur époque. Vu sous cet angle, l'honneur est à la fois individuel et collectif. Bien que cette dialectique opposant vertu personnelle et réputation ait été largement analysée par les historiens des duels et des valeurs guerrières, les recherches se sont concentrées avant tout sur l'articulation des codes d'honneur dans un contexte national, en mettant l'accent sur les différences culturelles qui distinguent les pays les uns des autres. Peu d'analyses ont été faites concernant le rôle joué par l'honneur dans le contexte des guerres internationales du XIXe siècle, au moment du passage des armées composées de mercenaires aux armées de conscription.

 

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2017-2018
Époque contemporaine (1789-...)
Europe occidentale