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Programmes thématiques

La mission première de l’IEA est l’accueil des chercheurs les plus prometteurs et les plus distingués dans les domaines des sciences humaines et sociales (SHS). 25 des 30 chercheurs qui sont annuellement accueillis à l’IEA font partie de ce « programme blanc » en SHS. En parallèle, l’IEA promeut un programme thématique spécifique qui vise à relier les sciences humaines et sociales et les neurosciences.

Programme « Cerveau, culture, société »

L’idée avancée par Charles Percy Snow en 1959 selon laquelle les humanités et les sciences dites exactes représenteraient deux cultures distinctes demeure d’actualité. En dépit des efforts souvent fournis pour dépasser l’hyperspécialisation des disciplines et encourager le dialogue entre sciences de l’homme et sciences de la nature, la communication demeure généralement difficile. Trop souvent, en effet, les recherches d’un domaine ignorent les réflexions et résultats obtenus dans l’autre, ce qui conduit à des pertes de savoirs et de connaissances déplorables.

Si l’IEA a pour ambition de contribuer en priorité au développement et au rayonnement des sciences humaines et sociales, c’est avec la conviction que cette ambition implique des échanges réguliers et approfondis avec les disciplines des sciences de la nature, et en particulier les sciences de la vie. Le domaine de la cognition et du cerveau (mind and brain) apparaît ainsi comme un des terrains sur lesquels les deux cultures peuvent le plus aisément se rencontrer et dépasser leurs frontières.

Le développement exponentiel des données scientifiques sur le corps, le cerveau et le fonctionnement de l’être humain dans son environnement doit être suivi et pris en compte dans la recherche en sciences humaines et sociales. De la même façon que les sciences de la vie, et singulièrement les neurosciences, ne peuvent prétendre comprendre pleinement l’Homme sans s’appuyer sur les savoirs produits par les humanités, il devient en effet difficile de continuer à étudier l’action, la cognition et la conscience en SHS en ignorant les acquis des études neuro-anatomiques et neuro-fonctionnelles.

Des coopérations interdisciplinaires existent, y compris en Île-de-France. Il s’agit pourtant souvent de projets définis par des neuroscientifiques dans lesquels les sciences humaines et sociales sont mises à contribution pour enrichir et valider des recherches sur le fonctionnement cérébral. La démarche inverse, visant à intégrer les découvertes sur le fonctionnement cérébral dans les études en SHS et à étudier leur impact sur la définition de l’Homme lui-même, est plus rare. C’est la focalisation sur l’utilisation et l’intégration des données scientifiques dans les sciences humaines et sociales au sens large qui fait toute l’originalité de ce programme thématique mené par l'IEA de Paris.

Le comité d’orientation scientifique et de suivi du programme

La direction de l’Institut d’études avancées de Paris a mis en place un comité de suivi scientifique interdisciplinaire. Son rôle est d’accompagner le pilotage du programme "Cerveau, culture, société", de contribuer à définir les thèmes de manifestations scientifiques et d’être force de proposition en matière d’intervenants et de chercheurs à inviter en résidence. Le comité se réunit une fois par trimestre.

  • Alain Berthoz, Collège de France (Neurosciences)
  • Guillaume Dezecache, Universités de Neuchâtel et Portsmouth (Sciences cognitives)
  • Étienne Koechlin, membre du Conseil scientifique de l’IEA, Inserm – École normale supérieure (Neurosciences)
  • Julie Grèzes, Inserm – École normale supérieure (Neurosciences)
  • Lionel Naccache, Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière, Université Pierre et Marie Curie (Neurosciences)
  • Elisabeth Pacherie, CNRS (Philosophie)
  • Pierre-Louis Patoine, Université Sorbonne nouvelle (Littérature)
  • Denis Peschanski, CNRS (Histoire)

Objectifs scientifiques du programme

Parce qu’il a la capacité d’attirer les chercheurs internationaux les plus brillants, l’IEA se doit de porter des projets ambitieux, susceptibles de générer des connaissances innovantes et de bousculer les cadres de pensée établis. Le programme « Cerveau, culture, société » s’inscrit dans cette perspective ; sa visée finale est l’élaboration d’une approche scientifique nouvelle, née d’une hybridation de problématiques et de méthodes très distinctes.

L’objectif est de créer un espace permanent de dialogue interdisciplinaire, nourri d’ateliers et de colloques, conduisant à des collaborations originales autour de nouveaux projets. La première étape consiste à forger des habitudes de dialogue entre disciplines et domaines scientifiques différents en favorisant et multipliant les rencontres.

L’IEA est par définition un lieu de rencontres de chercheurs de cultures différentes, qui interagissent lors de séminaires réguliers, mais aussi de façon informelle dans la vie quotidienne de l’institut .En accueillant en résidence (de quelques semaines à une année universitaire entière) des chercheurs en neurosciences au sein d’une promotion majoritairement composée de spécialistes de SHS, l’institut rend possibles des échanges a priori improbables qui familiarisent les uns avec les travaux et modes de pensée des autres.

Ateliers de recherche et colloques

Les manifestations scientifiques réunissant des spécialistes de différentes disciplines autour d’une thématique abordée sous des angles très différents constituent bien évidemment des lieux très importants de rapprochement des cultures. Elles montrent la variété des approches possibles pour une même question et permettent d’évaluer les conditions de leur complémentarité.

En lien direct avec la communauté francilienne de la recherche, l’IEA organise chaque année plusieurs événements – de l’atelier de travail d’une demi-journée au colloque international de plusieurs jours – réunissant spécialistes de science de la vie et de cognition (neuroscientifiques, psychologues et psychiatres) et chercheurs en SHS. Les thèmes de travail sont très divers, mais portent sur des enjeux sociétaux majeurs, comme les mécanismes d’identification et d’adhésion à une communauté, la compréhension des causes des actes de violence extrême, ou encore l’utilisation politique des connaissances scientifiques sur le cerveau.

L’IEA souhaite devenir  un lieu majeur de rencontre entre recherche en SHS et en sciences du cerveau afin d’attirer les chercheurs intéressés par ce type de dialogue, mais aussi de susciter l’intérêt des moins convaincus. Car c’est à travers la mise en relation régulière des chercheurs des différents domaines qu’il contribuera à installer des habitudes d’échange préalables à des collaborations plus poussées.